Immigration, religion et intégration

J'ai vécu dans une grande ville du Québec pendant 30 ans. Depuis 2007, j'ai observé de plus en plus d'immigrants s'installer dans mon ancien quartier. Au début, j'étais curieuse, je voulais en savoir plus sur ces nouveaux citoyens issus de différents pays d'Amérique du Sud, d'Afrique, d'Europe et d'Asie. Mais au fil du temps, j'ai constaté deux éléments inquiétants : la moitié environ ne parlait pas français et une importante minorité adoptait des pratiques qui contredisaient les valeurs occidentales d'égalité de tous et toutes. Dans un précédent article, j'ai abordé la question cruciale de la langue. Il est maintenant temps que je dénonce les rites culturels et religieux de nombreux immigrants récents.


 

J'ai grandi dans les années 1990. À l'époque, tous les enfants de ma classe se disaient Québécois. Nous parlions tous français avec le même accent, peu importe notre origine ethnique. Personne ne portait de symbole religieux ou n'abordait le sujet de la religion en classe ou à la récréation. La plupart étaient chrétiens, les autres étaient juifs, musulmans, témoins de Jéhovah ou bouddhistes. Nous jouions ensemble et nous nous considérions les uns les autres comme des camarades de classe. L'ethnicité, la religion et la couleur de peau n'avaient pas d'influence sur notre vie d'enfant. Bien que la moitié des autres élèves venaient d'autres pays, nous formions des groupes en fonction de nos intérêts, pas en fonction de nos différences culturelles.


 

Quand je suis arrivée au secondaire, j'ai constaté que les élèves formaient deux groupes: les francophones et les bilingues. Le premier groupe ne parlait que français ensemble alors que le second mélangeait aisément le français et l'anglais dans une sorte de dialecte appelé franglais. La barrière de la langue divisait l'école.


 

Au fil du temps, j'ai constaté une autre source de division : la religion. Vers la 4e secondaire, les élèves ont commencé à introduire la marijuana et l'alcool dans les partys en arrière de l'école. Trois adolescentes immigrantes (une musulmane voilée, une témoin de Jéhovah prosélyte et une chrétienne évangélique zélée) faisaient partie de notre groupe d'amis. Nous vivions tous et toutes les plaisirs interdits de la jeunesse, même les trois jeunes filles conservatrices. La différence résidait dans le fait que les adolescentes pieuses mentaient à leurs parents : elles disaient être chez une amie en train de jouer à des jeux de société. Les autres adolescents ne s'ouvraient pas nécessairement sur leur consommation à leurs parents, mais au moins ils avouaient être à un party. Évidemment, plusieurs parents non pratiquants n'auraient pas aimé savoir que leur enfant fumait du pot et/ou buvait de la bière à leur âge, surtout qu'à l'époque le cannabis était illégal. Néanmoins, les jeunes hommes et jeunes femmes non pratiquants pouvaient avoir une meilleure communication avec leurs parents. La religion conservatrice des trois adolescentes pieuses les obligeait à mentir, faisant d'elles des hypocrites. J'ai toujours été mal à l'aise face à la religiosité feinte de ces dernières. Plus j'apprenais à les connaître, plus je me rendais compte que leurs croyances n'étaient qu'un copier-coller de celles de leurs parents.


 

Quelques années plus tard, j'ai travaillé dans un édifice abritant des locaux de l'administration municipale de ma grande ville natale. Une femme avec un accent arabe a appelé le Service des loisirs pour demander des plages horaires de baignade pour femmes seulement. Étant donné que la demande impliquait de la discrimination envers les hommes, la conseillère en loisirs a refusé. La dame au bout du fil semblait amèrement déçue. Malheureusement, de telles demandes sexistes sont de plus en plus fréquentes au Québec. Les femmes musulmanes voilées refusent de montrer leurs bras, leurs jambes et leurs cheveux en public. Elles disent que c'est leur choix, mais, en fait, elles ne font qu'entériner la pression de leur famille, de leur communauté culturelle et de leur imam. Elles croient que les femmes qui montrent leur corps attirent le harcèlement sexuel et les agressions à leur endroit. Les femmes seraient donc responsables du péché des hommes. Celles qui ne sont pas couvertes deviendraient des femmes «publiques». Le voile musulman est donc à la fois une marque du sexisme et du refus de l'intégration. Un tel symbole ne devrait pas être toléré au Québec.


 

Mais il y a plus. J'ai aussi fait du bénévolat dans un centre communautaire d'un quartier multiethnique de cette même ville. J'ai rencontré de nombreux enfants et leurs parents. Dans une famille originaire du Maghreb, les jeunes filles commençaient à porter le voile dès l'âge de six ans. Lorsqu'on organisait des sorties à la plage ou à la piscine, les fillettes n'étaient pas invitées, contrairement à leurs frères et aux autres petites filles. Elles devaient rester à la maison pendant que tous les autres enfants s'amusaient. Leur religion leur interdisait un plaisir parce que leur corps était soi-disant considéré comme attirant sexuellement. Au fond, elles étaient discriminées parce qu'elles étaient de sexe féminin. J'ai trouvé cette situation intenable. En voilà un exemple de sexisme au nom de la liberté religieuse qui ne devrait pas être tolérée!


 

Malheureusement, le Québec tolère beaucoup trop de cas de ce genre. Par exemple, une des femmes musulmanes du centre communautaire me demandait parfois de poser des questions au travailleur social responsable des activités. Elle voulait savoir quels étaient les objets à apporter pour le prochain atelier. Au fur et à mesure, j'ai compris qu'elle refusait d'adresser la parole à un homme. Je lui en ai parlé. Elle m'a simplement répliqué que c'était une pratique culturelle de son pays arabe. J'ai osé lui dire que je n'étais pas d'accord, que je ne voulais pas qu'on impose une telle contrainte à une femme parce qu'elle était de sexe féminin. J'ai été ferme, mais courtoise. Elle semblait indisposée à ce que je remettre en question ses us et coutumes sexistes. Elle refusait aussi de porter des pantalons et s'entêtait à porter le voile, même en pleine canicule. Un jour, elle m'a même avoué qu'elle préférerait que le gouvernement canadien légalise le mariage polygame. Je n'en revenais pas. Pourquoi les gouvernements du Québec et du Canada permettent-ils à des personnes aussi misogynes de venir s'installer chez nous?


 

L'époque où tous les enfants jouaient ensemble dans la cour d'école me semble révolue. Aujourd'hui, dans mon ancienne école primaire, les blancs jouent avec les blancs, les noirs avec les noirs et les arabes avec les arabes. Peu d'enfants se disent Québécois. Plusieurs ne parlent pas français en dehors de l'école et discutent en anglais entre eux. Le seul remède à cette situation, ce sont la loi 21 sur la laïcité et la loi 101 sur la langue française. Si les écoles réussissent à inculquer aux enfants le respect de la nation québécoise par le truchement de la langue française et de la culture québécoise, le tissu social pourrait arrêter de s'effriter. On doit absolument réussir à donner aux enfants issus de l'immigration un sentiment d'appartenance au Québec.


 

En ce moment, la société multiculturelle fait de chaque communauté ethno-religieuse un groupe fermé sur lui-même. La société québécoise est un patchwork rapaillé de sensibilités ethniques, culturelles, religieuses et sexuelles. Chaque minorité se pose en victime de la «méchante» nation québécoise «intolérante» et «xénophobe». Pourtant, le Québec ne fait que s'affirmer. La ministre Nadine Girault travaille sur des questions à poser aux immigrants pour l'obtention du certificat de sélection et sur une nouvelle mouture plus musclée de la Charte de la langue française. Au Québec, le modèle doit être l'interculturalisme. La langue française et la culture québécoise sont nos assises communes. Toutes autres expressions culturelles peuvent coexister dans le respect de la domination de notre langue et culture communes.


 

De façon méprisante, le gouvernement fédéral de Justin Trudeau et certains groupes religieux tentent de faire invalider certaines dispositions de la loi 21 devant les tribunaux. Même si un jour la Cour suprême du Canada conclurait à l’inconstitutionnalité de la loi, ce dont je doute fort, le Premier ministre François Legault pourrait toujours invoquer la clause nonobstant pour soustraire certaines soi-disant libertés aux Québécois. Exit, le voile des enseignantes. Exit, le mépris du Québec par les bien-pensants d'Ottawa qui tentent de nous «civiliser». Il est plus que temps d'agir pour redonner à notre nation la fierté perdue et le sentiment d'exister pleinement. Dans ma ville natale, je veux être chez moi à nouveau.


 

Blogueuse en folie

Écrit par : Blogueuse en folie

Catégorie de l'article : politique

Mise en ligne le : 2021-01-05 13:26:50

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