À toi qui songes à te convertir à la religion évangélique

Si je me permets de te tutoyer, c’est que je sens que nous avons beaucoup de choses en commun, toi et moi. Comme toi, à une certaine période de ma vie, j’étais désespérée. Comme toi, j’ai rencontré des évangéliques qui m’ont promis un paradis d’abondance et de joie éternelle. Comme toi, j’ai réfléchi avant de me lancer dans cette aventure. Comme toi, j’avais des craintes. Comme toi, j’avais peur, mais en même temps, j’étais si malheureuse que je me suis dit que c’était la seule solution. Comme toi, je voulais seulement que ma souffrance cesse.

La différence entre toi et moi, c’est que toi, tu as la chance de te retirer avant que ton voyage spirituel tourne au cauchemar. Tu as la chance de te protéger contre les sectes. Tu as la chance de dire non.

En fait, les évangéliques te diront que tu ne dois pas te convertir à une religion, mais bien à Jésus-Christ. Or, il existe de nombreux groupes religieux contraires aux évangéliques qui prétendent la même chose : être les dépositaires de la Vérité avec un grand V. Mais les évangéliques ont ceci de sournois qu’ils te diront que tu ne convertis pas à une religion, mais à Jésus-Christ directement. Or, ils se réunissent dans des églises ou des salles louées pour prêcher, étudier la Bible, prier et chanter. C’est exactement ce que n’importe quelle branche du christianisme fait. Les évangéliques ne te diront pas la vérité pour mieux t’endoctriner. À toi de choisir si tu veux adhérer à leur vision tordue de Jésus-Christ qui méprise les autres chrétiens.

En fait, les évangéliques dénigrent tous ceux qui s’opposent à eux : les témoins de Jéhovah, les mormons, les musulmans, les athées, les transgenres et les homosexuels en plus de mépriser les autres branches du christianisme. C’est pourquoi, en huit ans chez les évangéliques, je n’ai rencontré que trois sortes de fidèles : l’enfant de famille évangélique, le réactionnaire face à la modernité et la personne vulnérable. Les trois catégories partagent la même foi, mais pour des raisons différentes.

Celui ou celle qui naît et grandit dans une famille évangélique subit un lavage de cerveau dès le plus jeune âge. Bien que 50% des enfants d’évangéliques quittent l’église en même temps que le nid familial, l’autre 50% reste. Le jeune adulte qui continue dans la voie de ses parents veut perpétuer des traditions, continuer à fréquenter son cercle social et occuper son temps à se ressourcer. Qu’il croit au charabia évangélique ou non, il est confortable dans sa routine. Il chausse la religion évangélique comme de vieilles pantoufles dont on ne veut pas se débarrasser. Souvent, ceux et celles qui restent dans l’église après le déménagement de la maison parentale se posent peu de questions. Ils connaissent toutes les réponses par cœur et, par peur de l’inconnu ou par habitude, ils choisissent de suivre la route tracée par leurs parents depuis leur tout jeune âge.

A contrario, le réactionnaire choisit en connaissance de cause de se convertir à la religion évangélique. Il s’agit d’une personne qui déteste l’ouverture d’esprit généralisée au Québec. Il est contre le mariage gai, le transgenrisme, l’avortement et la cohabitation hors mariage pour des raisons morales. Il voit dans la religion évangélique une façon d’exprimer son conservatisme social et son ras-le-bol d’une société qui accueille le progressisme social avec entrain. Lorsque ce type de personne devient évangélique, la conversion est aisée. Le nouveau chrétien évangélique trouve enfin une communauté qui pense comme lui. Il se sent comme un poisson dans l’eau avec d’autres conservateurs sociaux engagés dans un militantisme radical, politique et/ou religieux.

La dernière catégorie est la plus fréquente chez les nouveaux convertis. Ce sont des personnes vulnérables, le plus souvent malheureuses et déprimées qui cherchent du réconfort auprès de gens qui les écoutent et leur promettent de panser leurs blessures psychologiques. Les églises évangéliques offrent de l’aide matérielle et une communauté à des personnes brisées. J’ose espérer que ce n’est pas ton cas.

Malheureusement, si tu acceptes leur aide, il va falloir tôt ou tard que tu écoutes le résumé de leur doctrine. Et c’est là que le bât blesse. Ils vont utiliser la culpabilité que tu as déjà en toi pour te faire croire que tu es fondamentalement mauvais et complètement corrompu. Ils vont te faire croire que tu vas directement en enfer, peu importe à quel point tu es une bonne personne. Ils vont te faire croire que seule l’entrée dans leur religion peut t’empêcher d’être torturé en enfer pour l’éternité par Dieu lui-même, comme si Dieu était un être cruel. Ils vont te faire croire que tu es responsable de la mort atroce de Jésus sur la croix, alors que c’est arrivé il y a 2000 ans. Il y a un mot pour cela : manipulation mentale. Ils vont utiliser cette bonne vieille technique pour t’endoctriner. Quand cette première phase sera terminée, tu seras convaincu que tu es un moins-que-rien.

Ensuite, ils vont te dire qu’ils veulent ton bien, mais que, comme tu es un être essentiellement pécheur, il faut que tu acceptes d’obéir à Dieu, à Jésus, au pasteur et à son équipe, à la Bible et à la doctrine. Tu n’auras plus le droit de prendre des décisions par toi-même, il faudra que tu demandes à Dieu de te diriger vers le bon choix en matière de métier, de conjoint, d’amis, du nombre d’enfants à mettre au monde, etc. Ils vont gérer ta vie pour toi, ce qui s’appelle du contrôle mental.

Et en dernier lieu, ils vont te demander ton argent, beaucoup d’argent. Dans les églises pentecôtistes, on demande 10% du salaire. Dans les églises baptistes, on demande tout l’excédentaire après avoir payé le minimum pour vivre. Le mouvement évangélique est donc cupide et avare. Car c’est le pasteur et son équipe qui en bénéficient le plus, après avoir payé les factures courantes.

Que tu veuilles te convertir au christianisme évangélique ou non, sache que les trois ingrédients principaux d’une secte sont présents dans la recette évangélique : manipulation, contrôle et cupidité. Je ne connais personne qui est sorti indemne du mouvement évangélique. Tous les ex-adeptes à qui j’ai parlé ont mentionné avoir eu de la difficulté à intégrer la société québécoise tellement ils ont été marginalisés par les églises évangéliques.

Quand on quitte, on doit se demander ce en quoi on croit vraiment, ce qu’on aime vraiment, ce qu’on aime moins, ce qui nous allume dans la vie. Bref, il faut apprendre à se découvrir et se connaître vraiment. Je t’invite à faire cet exercice : fais la liste de tout ce qui te branche et tout ce qui te donne le goût de partir en courant. Si tu n’es pas certain ou certaine, essaie. Ose. Tu verras que tu n’as pas besoin d’un groupe sectaire pour te dire quoi faire, quoi dire, quoi penser. Sois toi-même et fonce!

 

Blogueuse en folie

Écrit par : Blogueuse en folie

Catégorie de l'article : religion

Mise en ligne le : 2021-05-11 17:20:02

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