Pourquoi Dieu permet-il la souffrance?
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Pourquoi Dieu permet-il la souffrance?

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Pourquoi Dieu permet-il la souffrance?

Au cours de mon cheminement spirituel, je me suis souvent demandé pourquoi un Dieu aimant permet la souffrance et le mal sur la terre. Je n'ai toujours pas la réponse, mais au moins j'ai appris à accepter que parfois tout ne se déroule pas de la façon dont je l'aurais souhaité.


 

Lorsque j'étais enfant, ma famille et moi ne pratiquions aucune religion. L'idée d'un Dieu me semblait naturelle, mais nous n'en parlions jamais. Comme je suis malade depuis que je suis toute petite, la question fondamentale de la souffrance était pour moi des plus naturelles. Jusqu'à l'âge de dix-huit ans, la douleur existait sans raison selon moi. La vie me semblait un long parcours rocailleux dans lequel j'avançais pieds nus en criant de douleur à chaque pas. Je croyais que la vie n'avait aucun sens et que j'étais vouée à souffrir pour le reste de mes jours. 


 

Au cégep, j'ai commencé à me poser des questions sur le sens de l'existence humaine. J'ai lu des dizaines de livres sur les religions et les philosophies. Tous ces systèmes complexes m'apparaissaient compliqués et illusoires. Le seul être qui ait touché mon cœur, c'est Jésus-Christ. Cet homme n'a énoncé que deux commandements : aimez votre Dieu et aimez votre prochain. Comme je croyais profondément en Dieu, en l'amour et en la fraternité, j'ai naturellement opté pour le christianisme. Et comme j'étais tout à fait en faveur de l'égalité des femmes et des homosexuels, j'ai choisi l'Église Unie du Canada. J'aimais ma communauté, mais j'y étais la seule jeune adulte. 


 

Malheureusement, comme je l'ai écrit dans un précédent article, j'ai quitté ma dénomination pour l'Association des Églises baptistes évangéliques au Québec dans le but de me faire des amis. Là-bas, j'ai été complètement endoctrinée. J'ai adhéré à une religion de mépris, voire de haine, pour devenir populaire. Aujourd'hui, je regrette mon choix, entre autres, à cause de sa théologie de la souffrance. Pour les baptistes, le chrétien doit souffrir. Dieu lui envoie des épreuves pour le tester. Si le pauvre mortel continue à aimer Dieu après l'événement difficile, alors il sera envoyé au ciel. Sinon, il sera jeté en enfer où il sera torturé par Dieu lui-même pour l'éternité. Le Dieu des baptistes est cruel, très cruel. Selon ce groupe fondamentaliste, Dieu est à la source de la souffrance. Il envoie des cadeaux de douleur pour vérifier si on l'aime vraiment. Durant toutes les années où j'ai fréquenté une église baptiste, j'ai cru que Dieu me testait pour mon bien, que j'étais un simple jouet dans ses mains omnipotentes. Cette vision de la souffrance me rendait triste. Je préférais donc ne pas y penser.


 

Après sept ans à me sentir manipulée par Dieu, j'ai changé d'église pour une assemblée pentecôtiste. Un tout autre discours prévalait : Dieu guérit toute souffrance. Vous êtes malade, endetté, isolé? Priez et Dieu réglera tous vos problèmes. C'est du moins ce que l'Église pentecôtiste enseignait tous les dimanches. La prière commanderait un miracle divin. Vos ennuis ne sont toujours pas réglés? Continuez à prier et Dieu s'en chargera. Bien que cette théologie de la souffrance puisse sembler attirante, elle ne fonctionne pas. Les autres membres de mon église me confiaient qu'ils suppliaient Dieu de guérir leur cancer, de leur offrir un meilleur emploi, de mettre fin à leur conflits familiaux, etc. mais rien ne changeait dans bien des cas. Comme je voulais vraiment être partie prenante de cette assemblée, j'ai cru que la prière guérirait mes problèmes de santé, ce qui n'a jamais été le cas, évidemment. Comme je restais malade, c'est alors que la réponse de mes amis pentecôtistes est venue me blesser : «Si tu ne guéris pas, c'est que tu ne pries pas assez.» Aux yeux de mes coreligionnaires, j'étais responsable de mes problèmes de santé. Je me suis alors sentie coupable. Et ensuite, dégoûtée. Encore là, je me suis sentie manipulée. J'ai donc décidé de quitter.


 

Pendant un an, je n'ai pas mis le pied dans une église. J'ai progressivement compris que le milieu évangélique était malsain. Je me suis éventuellement joint à une église anglicane qui ressemblait beaucoup à mon église unie du départ. C'est là que j'ai appris à prendre mes distances avec les réponses prémâchées des groupes religieux. Je me suis dit que la souffrance existait sans qu'on sache toujours pourquoi, qu'il fallait la tolérer et essayer d'en tirer du bon le plus possible. J'ai fait mienne la prière de la sérénité : «Mon Dieu, donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence.» C'est peut-être ça, le début de la sagesse que les chrétiens recherchent tant.


 


 



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